Deux techniques, deux physiques
Le laser Nd:YAG 1064 nm envoie une impulsion lumineuse absorbée par l’hémoglobine du vaisseau. La chaleur produite coagule la paroi de l’intérieur, le vaisseau se ferme, et l’organisme le résorbe en quelques semaines. Rien n’est injecté, rien ne traverse la peau : c’est de la photocoagulation sélective.
La sclérothérapie, elle, consiste à injecter dans le vaisseau un produit qui en irrite la paroi et provoque sa fermeture. C’est un geste d’injection, avec une aiguille très fine, et il agit sur des calibres que la lumière n’atteint pas correctement.
Ce que regarde l’examen
Le choix se fait sur trois critères : le calibre du vaisseau, sa profondeur, et l’état du réseau veineux en amont. Les télangiectasies très fines, en nappe, à fleur de peau, répondent bien au laser. Les veines réticulaires bleutées, plus grosses et plus profondes, répondent mieux à la sclérose.
Dans la pratique, les deux se combinent souvent sur une même jambe : on sclérose ce qui alimente, on traite au laser ce qui reste en surface. Présenter ces techniques comme concurrentes est une simplification commode ; elles sont complémentaires.
Pourquoi un médecin vasculaire, et pas un opérateur
Une varicosité de jambe est visible ; ce qui l’alimente ne l’est pas. Une insuffisance veineuse en amont entretient le réseau superficiel et le fait revenir, séance après séance. Traiter la surface sans chercher la cause, c’est vendre un abonnement.
Nos praticiens sont médecins vasculaires. Le diagnostic précède le laser, et un écho-Doppler est proposé chaque fois qu’il s’impose. Cela change parfois complètement le plan : il arrive que la bonne réponse ne soit ni le laser ni la sclérose, mais une prise en charge veineuse en amont. C’est aussi pour cela que le laser vasculaire n’est jamais délégué au centre : la séance est réalisée par un médecin, du premier au dernier tir.
Le déroulé, et les suites
Sur le visage, une séance de couperose prend une dizaine de minutes. Sur une jambe, un peu plus. La sensation est un picotement chaud, bref, atténué par le refroidissement intégré à l’appareil ; aucune anesthésie n’est nécessaire.
Suivent vingt-quatre à quarante-huit heures de rougeur et de léger gonflement, parfois de fines croûtelles qui tombent seules. On reprend ses activités immédiatement, avec un écran solaire. Sport intense, hammam et bains chauds attendent deux jours ; le soleil, beaucoup plus longtemps.
Combien de séances, et pour combien de temps
Une à trois séances suffisent le plus souvent, espacées de quelques semaines. Les points rubis partent souvent en une seule. Les vaisseaux traités, eux, sont détruits pour de bon.
Mais le terrain demeure : soleil, froid, alcool, station debout prolongée et hérédité continuent d’en dilater de nouveaux. Une séance d’entretien tous les ans ou tous les deux ans maintient le résultat. Là encore, mieux vaut l’entendre au premier rendez-vous qu’au moment où la première rougeur réapparaît.
Le visage et les jambes ne se traitent pas pareil
Sur le visage, la couperose et les télangiectasies des ailes du nez sont superficielles et très accessibles : les résultats sont souvent spectaculaires dès la première séance, et l’érythrose du décolleté répond bien elle aussi. Sur les jambes, la peau est plus épaisse et les vaisseaux plus profonds : il faut davantage d’énergie, davantage de patience, et l’arbitrage avec la sclérose se pose plus souvent.
C’est pour cette raison que les tarifs distinguent les deux familles, et que le nombre de séances annoncé sur le visage ne vaut pas pour une jambe. La consultation chiffre les deux séparément.