Le poil sans pigment ne se traite pas
C’est la limite la plus fréquente, et la plus mal expliquée. Le laser d’épilation vise la mélanine du poil. Un poil blanc, blond très clair ou roux n’en contient pas assez pour absorber l’énergie : il n’y a pas de cible, donc pas de chaleur au bon endroit, donc pas de destruction du follicule.
Ce n’est pas une question de matériel, de puissance ou de nombre de séances. Aucune machine ne traite un poil blanc, et un centre qui vous vend une cure sur une pilosité blanche vous vend du vide. Nous le disons à la consultation, avant le devis, pas après la troisième séance.
Définitif ne veut pas dire éternel
Les follicules détruits ne repoussent pas : sur ce point, le mot définitif est justifié. Mais la peau contient des follicules dormants, que le laser ne peut pas atteindre puisqu’ils ne produisent rien au moment de la séance. Un changement hormonal — grossesse, ménopause, traitement — peut les réveiller des années plus tard.
Concrètement : après une cure aboutie, il reste une pilosité résiduelle très fine, et une séance d’entretien tous les ans ou tous les deux ans suffit à la tenir. C’est très loin du rasoir quotidien, et ce n’est pas non plus zéro poil pour la vie. Les deux formulations existent dans le commerce ; une seule est vraie.
Le mélasma n’est pas une tache solaire
Le masque de grossesse, ou mélasma, ressemble à une tache pigmentaire et n’en est pas une. Son origine est hormonale, il siège plus profondément, et le laser pigmentaire peut l’aggraver franchement. Nous le distinguons à l’examen et nous ne le traitons pas au laser Alexandrite : c’est une autre approche, plus lente, faite de photoprotection stricte et de traitements dépigmentants.
De la même façon, toute lésion pigmentée qui change de contour, de couleur ou de relief sort du champ esthétique et relève de la dermatologie. Aucun laser ne doit passer sur une lésion non diagnostiquée. C’est la première raison pour laquelle le diagnostic précède le laser, et pourquoi ces lésions relèvent du médecin.
Ce que le laser vasculaire ne referme pas
Le Nd:YAG referme les vaisseaux fins et superficiels : couperose, télangiectasies du visage, points rubis, varicosités de petit calibre. Au-delà d’un certain diamètre, la sclérothérapie donne de meilleurs résultats, et une varice véritable relève de la chirurgie ou du traitement endoveineux.
Surtout, refermer un vaisseau visible ne règle pas ce qui l’a dilaté. Une varicosité de jambe peut être la partie émergée d’une insuffisance veineuse : la traiter sans l’explorer, c’est la voir revenir. C’est pour cela que l’examen précède le laser, et pas l’inverse.
Ce qu’un devis honnête ne promet jamais
Un résultat en une séance. Un chiffre de « 100 % de poils en moins ». Une garantie à vie. Un traitement du mélasma au laser pigmentaire. Une cure sur une pilosité blanche. Si vous lisez l’une de ces promesses quelque part, vous savez maintenant ce qu’elle vaut.
Ce que nous promettons, nous, tient en une phrase : un examen médical avant le premier tir, un protocole écrit, et le nombre de séances réellement nécessaire — y compris quand la réponse est qu’il n’y en a aucune à faire.